1970- RECHERCHE SCIENTIFIQUE-APPLIQUÉE

Cette recherche me conduira en 2007 à soutenir une thèse en préhistoire.

 

  Dans les années 1970-80, poursuivant mes études aux Beaux-arts, je rencontre l’Artiste et Professeur Jean-Claude Bédard avec qui j’allais collaborer pendant près de dix ans et entreprendre une recherche singulière à partir d’un système matriciel : Le Monoïde.

Jean-Claude Bédard invente alors le concept et le mot Monoïde pour désigner ce système matriciel artistique.

 

Le Monoïde est un module de longueur variable qui s’associe à lui-même, dans une matrice

« enceinte » et produit une infinité de signes (sans ordinateur nous avons mémorisé 10.000 signes)

  •  Ce fut, au préalable une recherche ancrée dans le champ artistique. (Têtes: Jean-Claude Bédard)

 

  Pour réaliser une « exhaustivité » sérielle du « Monoïde », le chercheur Michel Prinzie du laboratoire de Recherches Appliquées du Centre Georges Pompidou mettra au point et constituera, sur table traçante d’ordinateur ARTA, la totalité de la thématique sérielle du Monoïde : soit 65 000 Signes.

Je préciserais que cette recherche pluridisciplinaire, au cours des années 1970-1980, fut une des premières investigations artistiques réalisées sur ordinateur, ce qui constituait un terrain novateur.

Cette recherche autorisait et sollicitait des applications autres qu’artistiques dans des
domaines industriels tel que l’Architecture d’intérieur, le Design, le Design-vêtement et
c’est ainsi que sont conçus :

  • Des espaces intérieurs architecturaux sont créés d’après les signes du Monoïde; les signes schématiques du Monoïde deviennent Sculpture-Meuble.(Jean Claude Bédard,  Appartement-tableau réalisé par l’architecte décorateur Pascal Paris pour le coiffeur Rudy Harlow, en 1978-1980. R. Harlow est alors chef de file de la nouvelle coiffure qui nait vers la fin des années 1970.

 

  • « Espaces-Corporels tridimensionnels » Le signe est porté en tant qu’œuvre et structure l’espace du corps. L’humain s’empare du signe et s’approprie l’espace.(Jean-Claude Bédard)

 

  Au cours de ce travail  sur le Monoïde, nous avons découvert l’existence des gravures rupestres dans la forêt de Fontainebleau.

Cette découverte a été déterminante pour nous parce que  nous retrouvions sur les parois gravées, les signes issus du

«Monoïde».

Quand nous rencontrons Fontainebleau, imaginez la surprise, l’ivresse et le désarroi de retrouver ce système matriciel que nous pensions à l’Avant-garde en Arts plastiques et qui, en quelque sorte, existait depuis plus de 8.000 ans à deux pas de chez nous.

       Cette découverte a déplacé notre champ d’étude du système matriciel – Monoïde- artistique vers une investigation  archéologique.

 

    La suite nécessaire de l’exploration des similitudes entre le Monoïde et les gravures rupestres nous conduira à  chercher à établir un répertoire comparé des signes universels contenus dans le Monoïde et qui sont utilisés (de la Préhistoire à l’Histoire) par les groupes culturels comme les signes mésolithiques, néolithiques, les marques de tâcherons, Francs-maçons, le svastika etc. À partir de cet ensemble de signes confrontés, nous réaliserons une analyse qui rapprochait les formes d’écritures les plus anciennes des signes du Monoïde. Ce travail sera publié sous le titre: Pour un Art schématique-étude d’un monoïde-graphique. Paris, 1978. Ed. Goutal-Darly,.

Florence Bouvry

Plasticienne